Historique
Cette histoire débute à la fin des années
1980. Une enfant de quelques mois à peine attend
une place en famille d'accueil. La mère, incapable
de prendre soin de son enfant se meurt du sida. Évidemment,
les familles d'accueil ne se bousculent pas à la
porte de la petite. Consternés, les membres des
services médicaux où loge l'enfant lancent
un cri d'alarme aux médias.
Ce cri d'alarme est entendu. Une famille entame des démarches
auprès des services sociaux dans le but d'accueillir
cette enfant séropositive. C'est le premier cas
d'enfant séropositif placé au Québec.
Nous sommes en 1988. Un mois plus tard, un autre enfant
séropositif est accueilli par une autre famille.
Un troisième couple accueille également,
en 1989, un enfant infecté du VIH.
Nous sommes à la fin des années ’80
et l'épidémie du sida commence à prendre
des allures de pandémie. Plusieurs milieux fortement
touchés par cette problématique se mobilisent
afin d'y faire face du mieux qu'ils peuvent. Les nouvelles
familles d'accueil se sentent elles aussi interpellées
par la situation. Une travailleuse sociale assure un lien
entre ces familles d'accueil et organise un groupe de discussion
qui leur permettra de partager leur expérience et
qui les aidera a se porter mutuellement soutien. Ces trois
familles éprouvent le désir de créer
un réseau d'entraide pour toutes les familles touchées
par la problématique, qu'elles soient familles d'accueil
ou familles biologiques.
C'est donc au début des années ’90,
plus précisément en mars 1992, que naît
Les enfants de Béthanie. L'organisme voit le jour
suite aux efforts de ces trois familles d'accueil appuyées
par un groupe de personnes sympathisantes. Dès ce
moment, Les enfants de Béthanie offre un service
de soutien aux familles, un service de documentation sur
la problématique du VIH/sida ainsi qu'un service
d'organisation d'événements spéciaux.
S'ajoute à cela un service de répit aux familles
assuré par une éducatrice spécialisée.
Au fil des mois, les demandes s'accumulent et en viennent
vite à dépasser les capacités de l'organisme
de répondre aux besoins exprimés.
Face à ce constat, l'organisme décide de
créer un réseau de bénévoles
adéquatement formés afin d'intervenir auprès
des enfants. Le secteur Bénévole voit ainsi
le jour en janvier 1994. Il complète le service
de répit et connaît un succès indéniable,
si l'on en juge par l'augmentation des familles référées
par les intervenants des milieux hospitaliers et autres.
Encore une fois, l'organisme ne peut répondre efficacement à cet
accroissement de la demande. Les enfants de Béthanie
est le seul organisme provincial d'aide à l'enfance
touchée par la problématique du VIH/sida,
et aucun programme provincial d'aide n'a encore été créé afin
de répondre à ce besoin. De plus, les effets
de la stigmatisation constituent un empêchement majeur à l'utilisation
des services réguliers généralement
offerts à la population. L'idée d'un milieu
de garde germe dans l'esprit des administrateurs. Ils veulent
un lieu empreint d'un climat chaleureux et sécurisant,
un endroit où les parents auront accès à un
service rapide lors d'une situation urgente, un lieu où les
mesures d'hygiène universelle seront systématiquement
appliquées pour diminuer les propagations virales,
bactériennes ou autres. À l'automne 1995,
grâce à une aide financière de la Fondation
Farha, la halte-garderie peut voir le jour.
Milieu de vie sécurisant et empathique, la halte-garderie
permettra aux parents malades d'avoir des périodes
de répit, de savoir leur(s) enfant(s) dans un lieu
où la stigmatisation est complètement occultée
et, pour les familles dans une situation socio-économique
difficile, un endroit accessible en tout temps et rapidement.
Au fil des ans, l'organisme a continué de se développer
en offrant, entre autres, un service de transport, un secteur
pour les 5-12 ans, les 12-17 ans, des ateliers parentaux
et un groupe de discussion destiné aux jeunes adultes
séropositifs (J.A.S.E.).
|